Il est clair depuis longtemps, même avant sa première élection, que le président américain Donald Trump représente un danger pour la démocratie. Il devrait être derrière les barreaux, soit dans une prison, soit dans un établissement psychiatrique. Mais au contraire, il a été réélu une deuxième fois.
Le choix de ses collaborateurs, en particulier celui de son vice-président JD Vance, laissait déjà présager que son second mandat serait plus radical que le premier.
Au moment où il a déclenché sa guerre douanière, selon un sondage CBS/YouGov, seuls 30 % des Américains considèrent les droits de douane comme une priorité, mais 82 % se soucient de l’économie et 80 % de l’inflation. Les droits de douane sont une taxe sur les biens et services importés et, par conséquent, ils alimentent l’inflation. Trump ne comprend non plus la division internationale du travail. Une guerre commerciale est perdant-perdant. Les droits de douane et la guerre commerciale de Trump vont se retourner contre lui et contre les Etats-Unis.
Joe Biden menait déjà une politique protectionniste, ramenant (en partie) des entreprises aux Etats-Unis grâce à des subventions et d’autres mesures. Sa loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act) ne visait pas à lutter contre l’inflation, mais était essentiellement protectionniste. Trump ne fait qu’accélérer le processus, en adoptant une approche plus brutale, notamment avec une guerre tarifaire, qui frappe durement les alliés et/ou partenaires commerciaux les plus fidèles et importants comme le Canada, le Mexique, l’Union européenne ou un ami comme Narendra Modi qui se trouve à la tête de l’Inde, un allié potentiel dans la lutte contre la montée en puissance de la Chine.
Le libre-échange a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté, rien qu’en Chine. La fin de la mondialisation et le protectionnisme sont néfaste, une catastrophe pour le monde entier, y inclut les Etats-Unis.
Ces politiques erratiques détruisent une grande partie de la confiance et ont des conséquences économiques. Trump détruit le soft power des Etats-Unis. Il pousse les alliés, les alliés potentiels et les partenaires commeriaux dans les bras de la Chine alors qu’il veut justement endiguer la Chine, car les Etats-Unis considèrent la Chine comme un rival systémique.
Au cours de son premier mandat et jusqu’au frappes contre l’Iran en juin 2025, le président Trump s’est montré réticent à recourir à la force militaire. Il avait fait campagne en promettant de maintenir les Etats-Unis hors des guerres étrangères. Il a présenté les frappes contre l’Iran comme des actions limitées. Mais sans changement de régime, il n’y aura pas de paix dans la région et l’Iran n’abondonnera pas sa course à l’arme nucléaire.
Le 22 janvier 2026 au WEF à Davos, le gendre du président américan, Jared Kushner, a présenté un plan de reconstruction de la bande de Gaza qui nécessiterait un investissement d’au moins 25 milliards de dollars. De nombreux pays, avant tout des régimes autoritaires, ont officiellement accepté de rejoindre le «Conseil de paix» du président Trump afin de transformer la bande de Gaza en une région stabilisée. Il faut débourser $1 milliard pour obtenir un siège permanent au conseil d’administration. Il reste à voir ce qu’il adviendra de ce projet, non seulement en ce qui concerne Gaza, mais aussi en ce qui concerne une éventuelle nouvelle organisation mondiale, alternative à l’ONU.
Operation Absolute Resolve contre Nicolás Maduro au Venezuela a été couronnée de succès dans la mesure où le dictateur et son épouse complice ont été capturés vivants lors d’une opération militaire américaine spectaculaire, qui a nécessité des mois de préparation, mais qui a été exécutée sans faille en quelques heures.
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio est un faucon anti-Cuba et anti-Venezuela de premier plan. Rubio est le fils d’immigrants cubains. Au cours de sa carrière, l’ancien sénateur de Floride a plaidé à plusieurs reprises en faveur d’un changement de régime à Cuba. Dans ce contexte, il a également déclaré que la chute du régime Maduro au Venezuela entraînerait un changement à Cuba.
Mais, pour le moment, le président Trump souhaite faire des affaires avec la vice-présidente de Maduro, Delcy Rodríguez, devenue présidente par intérim du Venezuela. Il n’envisage pas de permettre aux Vénézuéliens de passer à la démocratie. Environ un quart de la population a fui ce pays, autrefois le plus riche d’Amérique du Sud, sous le règne des dictateurs corrompus et incompétents Maduro et (son prédécesseur) Chavez. Trump ne s’intéresse qu’au pétrole et au gaz du pays et veut voir de l’argent, car le Venezuela a autrefois exproprié les multinationales pétrolières américaines sans les indemniser.
Trump a menacé à plusieurs reprises des Etats et territoires amis. C’est le cas du Panama, car le président américain veut récupérer le canal construit autrefois par les Américains, bien que celui-ci ait été rétrocédé au Panama en 1999. Autre fait notable: la guerre douanière contre son voisin du nord et l’insistance répétée de Trump pour que le Canada devienne le 51e Etat américain. Le 24 janvier 2026, Trump a écrit sur son réseau social: «Si le Canada conclut un accord avec la Chine, il sera immédiatement frappé d’un droit de douane de 100% sur tous les biens et produits canadiens entrant aux Etats-Unis.»
Il est également remarquable qu’un président américain dispose de son propre réseau social et y diffuse des décisions et informations importantes.
En ce qui concerne le Groenland, territoire autonome du Danemark, membre de l’Union européeenne et de l’OTAN, Trump a déclaré le 9 janvier 2026: «Je voudrais conclure un accord, vous savez, de manière simple, mais si nous ne le faisons pas de manière simple, nous le ferons de manière difficile.» Deux jours plus tard, le président a déclaré que les Etats-Unis prendraient le Groenland «d’une manière ou d’une autre». Les Groenlandais ne veulent pas faire partie des Etats-Unis, et la majorité des Américains ne veulent pas que Trump s’empare du territoire par la force ou l’achète.
A la fin, le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande ont résisté au chantage de Trump, à la menace de droits de douane supplémentaires et d’une intervention militaire de la part des Etats-Unis. Mais la confiance envers celui qui était autrefois l’allié le plus important continue de s’éroder.
Quant à la politique envers la Russie et l’Ukraine, il reste à signaler que, déjà pendant son premier mandat, Trump a été entouré de gens en faveur de Poutine comme Paul Manafort, Roger Stone, Michael Flynn, Carter Page, George Papadopoulos. A l’époque, sous la pression politique, le président a dû se séparer de gens compromis. Pendant son deuxième mandat, il n’y a pas (encore) eu de hire and fire à grande échelle. Un homme incompétent et pro-Poutine comme le promoteur immobilier Steve Wittkoff, qui a de nombreux conflits d’intérêts, agit comme envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient, pour les missions de paix et comme envoyé spécial auprès de Poutine.
Quant au président Trump lui-même, il faut notamment lire le livre de Régis Genté au sujet des quarante ans de relations entre Trump et les Russes, ou plutôt entre les Russes et Trump.
Bref, le deuxième mandat de Trump et plus extrême qui le premier, qui s’est terminé avec une tentative illégale «d’inverser les résultats de l’élection» présidentielle de 2020 avec l’assault du Capitole le 6 janvier 2021.
La deuxième administration Trump est totalement corrompue. Quelques jours avant sa deuxième investiture, le président Donald Trump a lancé une cryptomonnaie officielle appelée $TRUMP. Le président est entouré de personnes qui approuvent tout ce qu’il dit (yes-men). Il n’y a pas de garde-fous. Le système judiciaire n’a pas fait son travail. Le Parti républicain est le parti de Trump.
Notons également que la mission de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) est de protéger les Etats-Unis contre la criminalité transfrontalière et l’immigration illégale. Ces agents sont mal formés et ont la gâchette facile. Beaucoup ont une formation militaire. Mais un policier a une mission totalement différente de celle d’un soldat. Il est à craindre que Trump et les extrémistes de son administration attisent délibérément les tensions afin de créer une situation proche de la guerre civile qui leur permettrait, en 2028, de ne pas céder le pouvoir en raison d’une situation insurrectionnelle.
Trump a déclaré au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre qu’il ne se sentait plus obligé «de penser uniquement à la paix» parce que le Comité Nobel norvégien ne lui avait pas décerné le prix Nobel de la paix. Le monde libre est dirigé par un homme imprévisible souffrant d’un trouble narcissique.
Si les Etats-Unis interviennent à Gaza, en Iran, au Venezuela ou ailleurs, ils ne devraient le faire qu’avec un plan de paix soutenu par les alliés démocratiques du pays concerné. Mais Trump ne s’intéresse pas à la démocratie. Il aimerait diriger les Etats-Unis de manière autocratique et, si l’occasion se présente, rester au pouvoir au-delà de 2028.
Les livres recommandés sur le sujet ainsi que les critiques correspondantes:
Régis Genté: Notre homme à Washington: Trump dans la main des Russes, Grasset, octobre 2024, 224 pages. Commandez ce livre (acceptez les cookies – nous recevons une commission, prix identique) chez Amazon.fr. Lire la critique de livre.
Elsa Vidal: La Fascination russe. Politique française: 30 ans de complaisance vis-à-vis de la Russie. Robert Laffont, février 2024, 324 pages. Commandez ce livre (acceptez les cookies – nous recevons une commission, prix identique) chez Amazon.fr. Lire la critique le livre.

Une photo en dit plus que 1000 mots: Donald Trump vs. Lady Liberty. La photographie du carnaval allemand de 2017 montre un char de carnaval conçu par Jacques Tilly. Photo copyright © Jacques Tilly.
Article du 25 février 2026. Ajouté à 20h14, heure de Paris.